Après l’approbation par les actionnaires de Tesla d’un nouveau plan de rémunération colossal pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars, Musk a choisi une manière étonnante de marquer le coup.
Plutôt que de publier un message de remerciement ou un commentaire sur l’avenir de l’entreprise, il s’est tourné vers Grok Imagine, l’outil de génération vidéo développé par xAI, pour partager deux séquences qui ont immédiatement fait réagir la plateforme X.
Dans la première vidéo, publiée à 4 h 20 du matin, on voit une femme animée sous la pluie déclarer : « I will always love you. » Musk précise que la vidéo a été générée à partir de son prompt, renforçant ainsi l’impression d’un moment personnel, presque intime, partagé devant des millions d’abonnés.
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Des réactions massives entre malaise, humour et critique
Si l’usage d’IA pour créer des vidéos est aujourd’hui courant, l’intention derrière la publication a intrigué et parfois gêné les internautes. Beaucoup ont vu dans cette séquence l’un des posts les plus « déprimants » de Musk, certains le qualifiant même de « post le plus divorcé de toute l’histoire du site ».
Moins d’une demi-heure plus tard, Musk a publié une seconde vidéo, cette fois mettant en scène une fausse version de Sydney Sweeney, déclarant d’une voix artificielle : « You are so cringe. »
Pour certains, l’ensemble forme une sorte de dialogue imaginaire entre le milliardaire et ses avatars numériques, renforçant l’image d’un dirigeant absorbé par ses technologies au détriment des interactions humaines normales.
Joyce Carol Oates s’en mêle : une critique culturelle cinglante
Au milieu des milliers de réactions, une prise de parole a particulièrement retenu l’attention : celle de Joyce Carol , romancière américaine reconnue. Réagissant à un thread dans lequel Musk répondait sèchement à un sénateur du Texas, l’autrice s’est étonnée que le patron de Tesla ne semble jamais partager quoi que ce soit lié à la culture ou à la vie quotidienne.
Selon elle, Musk « ne poste rien qui montre qu’il aime ce que les autres aiment : les amis, la nature, la musique, les livres ». Elle va plus loin en estimant que « les personnes les plus pauvres sur Twitter ont sans doute accès à plus de beauté dans leur vie que l’homme le plus riche du monde ».
Musk n’a pas tardé à répondre, l’accusant simplement d’être « une menteuse qui aime être méchante ».
Une polémique révélatrice du fossé entre Musk et le public
Cet épisode n’est pas qu’une anecdote virale : il illustre une fois de plus l’écart grandissant entre les usages technologiques de Musk et la perception qu’en a une large partie du public. Ses expérimentations avec l’IA, notamment dans des mises en scène émotionnelles, soulèvent autant de fascination que d’inconfort.
En quelques vidéos générées par IA, Musk rappelle qu’il reste l’une des figures les plus polarisantes du monde numérique, capable de susciter une tempête de réactions même lorsqu’il s’agit d’imaginer, via une machine, les mots « Je t’aimerai toujours ».

