Lors du CES 2026, un constat s’est imposé chez de nombreux dirigeants : l’intelligence artificielle transforme l’économie plus rapidement que toute autre révolution technologique passée.
Ce message a été clairement exprimé lors d’un enregistrement en direct du podcast animé par Jason Calacanis, qui recevait McKinsey & Company et General Catalyst. Pour Bob Sternfels et Hemant Taneja, la dynamique actuelle dépasse largement les cycles classiques d’innovation.
Hemant Taneja souligne que certaines entreprises d’IA atteignent des valorisations autrefois impensables en un temps record. Là où il fallait plus d’une décennie à certaines fintechs pour franchir la barre des 100 milliards de dollars, des acteurs comme Anthropic ou OpenAI connaissent une croissance fulgurante. Selon lui, l’émergence de nouvelles entreprises valorisées à plus de 1 000 milliards de dollars n’est plus une hypothèse lointaine, mais un scénario crédible à court terme.
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Les entreprises hésitent encore à franchir le pas
Malgré cette accélération, l’adoption massive de l’IA reste inégale. Bob Sternfels explique que de nombreuses entreprises non technologiques avancent avec prudence. Les dirigeants sont souvent tiraillés entre deux visions opposées : celle des directeurs financiers, qui réclament des preuves concrètes de rentabilité, et celle des responsables informatiques, convaincus que ne pas investir maintenant expose l’entreprise à une disruption brutale.
Ce dilemme stratégique freine certaines décisions majeures, même si les expérimentations se multiplient. Beaucoup d’organisations testent l’IA à petite échelle sans encore transformer en profondeur leurs processus, craignant un retour sur investissement trop incertain à court terme.
La fin du modèle « apprendre une fois, travailler toute sa vie »
L’un des sujets les plus sensibles abordés concerne l’avenir du travail. L’IA suscite des craintes légitimes, notamment chez les jeunes diplômés, dont certains postes d’entrée de carrière sont déjà partiellement automatisables. Pour Hemant Taneja, le véritable bouleversement est culturel : le modèle consistant à se former durant les premières décennies de sa vie avant de travailler sans remise en question est désormais obsolète.
La formation continue, la reconversion et l’adaptation permanente deviennent des impératifs. Jason Calacanis insiste sur le fait que, dans un monde où créer un agent IA peut prendre moins de temps que former un employé, l’attitude, la curiosité et l’engagement personnel feront la différence.
Des humains augmentés plutôt que remplacés
Bob Sternfels nuance toutefois les discours alarmistes. Selon lui, si l’IA peut automatiser de nombreuses tâches, elle ne remplace ni le jugement humain ni la créativité. Chez McKinsey, l’IA modifie la structure des effectifs sans réduire nécessairement les emplois. Le cabinet prévoit même une augmentation significative des rôles en contact direct avec les clients, compensée par une réduction des fonctions de support.
Cette évolution illustre une tendance plus large : l’IA ne supprime pas le travail, elle le transforme. Ceux qui sauront apprendre en continu et collaborer avec ces outils deviendront plus précieux que jamais dans l’économie de demain.

