La jeune startup d’intelligence artificielle Thinking Machines Lab, fondée par l’ancienne dirigeante d’OpenAI Mira Murati, traverse une période délicate.
Moins d’un an après sa création, l’entreprise voit partir deux de ses co-fondateurs historiques, tous deux retournant… chez OpenAI. Une situation inhabituelle pour une société encore en phase de structuration, surtout après une levée de fonds spectaculaire qui l’avait propulsée sous le feu des projecteurs de la tech mondiale.
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Un retour remarqué vers OpenAI
Le premier départ officialisé est celui de Barret Zoph, co-fondateur et directeur technique de Thinking Machines. Mira Murati a annoncé publiquement la fin de leur collaboration, précisant que Soumith Chintala prendrait désormais le poste de CTO. Toutefois, moins d’une heure plus tard, OpenAI confirmait le retour de Zoph au sein de ses équipes, aux côtés de Luke Metz et Sam Schoenholz, deux autres profils étroitement liés à Thinking Machines.
Ce retour groupé vers OpenAI ne semble pas être le fruit du hasard. Les trois ingénieurs avaient déjà travaillé ensemble sur des projets de recherche avancée et disposent d’une expertise très recherchée dans les modèles d’IA de nouvelle génération. Cette synchronisation laisse penser que leur départ était préparé depuis plusieurs semaines, malgré une communication publique particulièrement sobre du côté de Thinking Machines.
Une startup ambitieuse, mais encore instable
Fondée après le départ de Mira Murati d’OpenAI à l’automne 2024, Thinking Machines Lab s’était rapidement imposée comme l’une des startups IA les plus prometteuses du marché. En juillet dernier, l’entreprise a bouclé un tour de table de 2 milliards de dollars, valorisant la société à environ 12 milliards. Une réussite impressionnante, portée par la réputation de ses fondateurs et par une vision ambitieuse de l’IA généraliste.
Cependant, ces départs successifs fragilisent la perception de stabilité interne. Perdre deux co-fondateurs, dont le CTO, à un stade aussi précoce, soulève inévitablement des interrogations sur la gouvernance, la vision à long terme et la cohésion de l’équipe dirigeante.
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Une guerre des talents toujours plus intense
Ces mouvements illustrent surtout la brutalité de la concurrence dans le secteur de l’IA. Les allers-retours entre géants technologiques et startups financées par des milliards sont devenus monnaie courante à Silicon Valley. OpenAI, Meta, Anthropic ou encore Mistral AI se disputent les mêmes profils ultra-spécialisés, capables d’influencer directement la trajectoire technologique d’un projet.
Pour Thinking Machines Lab, l’enjeu sera désormais de démontrer que son projet dépasse les individualités. La nomination rapide d’un nouveau CTO expérimenté montre une volonté de continuité, mais la startup devra rassurer investisseurs et observateurs sur sa capacité à maintenir son cap, malgré ces départs très médiatisés.

