À quelques jours d’un procès très attendu aux États-Unis, Snap a trouvé un accord amiable dans une affaire l’accusant d’avoir contribué à la dépendance aux réseaux sociaux.
L’annonce a été faite devant la cour supérieure de Californie, dans le comté de Los Angeles, mettant fin à une procédure qui aurait pu marquer un tournant historique pour l’industrie des plateformes numériques.
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Une plainte centrée sur l’addiction et la santé mentale
L’action en justice avait été engagée par un jeune adulte aujourd’hui âgé de 19 ans, désigné sous les initiales K.G.M. dans les documents judiciaires. Il reprochait à Snap d’avoir conçu son application autour de mécanismes favorisant une utilisation compulsive, avec des effets négatifs sur sa santé mentale. Selon la plainte, certains choix de design auraient encouragé une exposition prolongée à l’application, sans garde-fous suffisants pour les utilisateurs les plus jeunes. Les détails financiers de l’accord n’ont pas été rendus publics, Snap indiquant simplement que les parties étaient satisfaites d’avoir réglé le litige de manière « amiable ».
Une affaire emblématique pour tout le secteur
Même si Snap s’est retiré de ce dossier précis, la procédure se poursuit contre d’autres géants du numérique. Les plateformes Meta, YouTube et TikTok restent visées par des accusations similaires. La sélection du jury doit débuter fin janvier, avec notamment la comparution attendue de Mark Zuckerberg, un événement très surveillé par l’ensemble de l’industrie technologique.
Ces affaires sont suivies de près, car aucun réseau social n’a encore été condamné par un jury dans un procès portant sur l’addiction. L’accord conclu par Snap intervient donc dans un contexte juridique encore largement inédit.
Des comparaisons avec les procès du Big Tobacco
Les plaignants établissent un parallèle direct avec les procès intentés contre l’industrie du tabac dans les années 1990, accusant les plateformes d’avoir minimisé les risques liés à leurs produits. Des documents internes présentés dans certaines procédures suggèrent que des employés de Snap avaient exprimé des inquiétudes sur la santé mentale des adolescents il y a plusieurs années. L’entreprise affirme toutefois que ces éléments ont été sortis de leur contexte et ne reflètent pas sa politique globale.
Les critiques ciblent des fonctionnalités bien connues : défilement infini, lecture automatique des vidéos, notifications répétées et recommandations algorithmiques personnalisées. Selon les plaignants, ces outils inciteraient à rester connecté en permanence, avec des conséquences potentielles comme la dépression, les troubles alimentaires ou l’automutilation.
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Des enjeux financiers et réglementaires majeurs
Avant l’accord, le PDG Evan Spiegel devait témoigner, ce qui aurait constitué une première dans ce type d’affaire. Les experts estiment que si les autres procédures aboutissent, elles pourraient déboucher sur des indemnisations de plusieurs milliards de dollars et forcer les plateformes à revoir en profondeur la conception de leurs applications. L’accord de Snap montre en tout cas que la pression judiciaire autour de la dépendance aux réseaux sociaux est désormais impossible à ignorer.

