Plusieurs figures majeures de la tech américaine ont récemment pris position face aux violences imputées à des agents fédéraux de l’immigration à Minneapolis.
Les réactions publiques et internes de dirigeants comme Dario Amodei, Sam Altman et Tim Cook ont suscité un vif débat, notamment parce qu’elles combinent condamnations fermes et marques d’estime envers Donald Trump.
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Des prises de parole contre les violences à Minneapolis
Invité sur NBC News, Dario Amodei, PDG d’Anthropic, a évoqué « l’horreur » des événements survenus dans le Minnesota, rappelant l’importance de défendre les valeurs démocratiques à l’intérieur même du pays. Il a également précisé qu’Anthropic n’entretient aucun contrat avec l’ICE. De son côté, Sam Altman, dirigeant d’OpenAI, a exprimé son malaise dans un message interne divulgué par la presse, estimant que « ce qui se passe avec l’ICE va trop loin » et appelant à distinguer clairement la lutte contre la criminalité violente des opérations actuelles.
Chez Apple, Tim Cook a adressé un message à ses employés se disant « bouleversé » par les événements, reconnaissant l’impact humain et symbolique de ces violences. Ces prises de position, même prudentes, ont été saluées par une partie des salariés du secteur.
Une pression croissante des employés de la tech
Depuis plusieurs jours, des collectifs de travailleurs technologiques exhortent leurs dirigeants à agir plus fermement. Des lettres ouvertes demandent l’arrêt de toute collaboration avec l’ICE et des prises de parole publiques claires. Pour ces employés, les déclarations internes ne suffisent plus : ils attendent des actions visibles et des positions assumées face aux dérives dénoncées.
Certains militants ont toutefois souligné une contradiction : si les violences sont condamnées, les dirigeants ont aussi tenu à souligner des échanges « constructifs » avec l’administration Trump. Cette prudence alimente le sentiment que les PDG cherchent à ménager toutes les parties.
Éloges du président et critiques mitigées
Tim Cook a ainsi mentionné une « bonne conversation » avec Donald Trump, tandis que Dario Amodei a salué l’idée d’une enquête indépendante envisagée par le président. Sam Altman, de son côté, a qualifié Trump de « leader fort » capable d’unifier le pays, une déclaration qui tranche avec ses critiques très virulentes du passé.
Pour certains observateurs, ces propos traduisent la délicate position des entreprises d’IA, largement favorisées par des politiques publiques récentes. Les levées de fonds massives d’OpenAI et d’Anthropic illustrent les enjeux économiques à l’œuvre.
Un équilibre fragile entre valeurs et intérêts
Ces réactions montrent combien il est difficile, pour les dirigeants de la tech, de concilier convictions démocratiques, attentes des employés et relations politiques. Si leurs prises de parole restent mesurées, elles marquent néanmoins une inflexion notable dans un contexte tendu. Reste à voir si ces déclarations se traduiront par des actions concrètes, ou si elles resteront symboliques face aux enjeux humains et institutionnels soulevés.

