Après plusieurs semaines de blocage, l’Indonésie a décidé de lever de manière conditionnelle l’interdiction visant Grok, le chatbot développé par xAI.
Cette décision fait suite à des engagements formels pris par la plateforme X, désormais intégrée à xAI, afin de limiter les usages abusifs de l’outil. Le pays rejoint ainsi la Malaisie et les Philippines, qui ont récemment adopté une position similaire.
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Une interdiction motivée par des dérives massives de contenus illicites
À l’origine du bannissement, l’utilisation de Grok pour générer un volume massif d’images sexualisées non consenties, incluant des femmes réelles et, dans certains cas, des mineures. Des analyses indépendantes ont estimé qu’en seulement quelques semaines, près de 1,8 million d’images problématiques avaient été produites et diffusées via X. Face à l’ampleur du phénomène, plusieurs gouvernements d’Asie du Sud-Est ont opté pour une interdiction immédiate afin de protéger les victimes et freiner la propagation de contenus illégaux.
Une levée conditionnelle sous surveillance renforcée
Dans un communiqué officiel, le ministère indonésien de la Communication et des Affaires numériques a expliqué que l’interdiction était levée uniquement après réception d’une lettre de X détaillant des mesures concrètes de prévention, de modération et de contrôle. Alexander Sabar, directeur général de la surveillance de l’espace numérique, a toutefois insisté sur le caractère provisoire de cette décision : toute nouvelle infraction pourrait entraîner un retour immédiat du blocage. Cette approche vise à maintenir une pression constante sur l’éditeur du chatbot tout en permettant une reprise encadrée du service.
Grok sous pression internationale et contexte tendu pour Elon Musk
Au-delà de l’Asie, les dérives liées à Grok ont attiré l’attention d’autres gouvernements. Aux États-Unis, le procureur général de Californie a ouvert une enquête et adressé une mise en demeure à xAI, exigeant des actions rapides pour stopper la génération d’images illégales. En réponse, la société a restreint certaines fonctionnalités de création d’images aux utilisateurs payants. De son côté, Elon Musk affirme que toute utilisation illégale de Grok sera sanctionnée comme sur n’importe quelle autre plateforme.
Cette controverse intervient dans un contexte déjà délicat pour xAI, alors que des discussions seraient en cours pour un rapprochement avec SpaceX et Tesla, en amont d’une éventuelle introduction en bourse de SpaceX. L’affaire Grok illustre ainsi les défis majeurs auxquels font face les acteurs de l’IA générative : concilier innovation rapide, responsabilité juridique et attentes croissantes des régulateurs internationaux.

