En 2022, Apple avait présenté l’Apple Watch Series 9 comme son premier produit « neutre en carbone », vantant une montre dont l’ensemble du cycle de vie — fabrication, utilisation et recyclage — n’aurait aucun impact climatique.
Mais un tribunal allemand vient de remettre les pendules à l’heure. Saisi par l’ONG Deutsche Umwelthilfe (DUH), il estime que cette promesse ne repose pas sur des bases suffisamment solides et qu’elle peut induire les consommateurs en erreur.
Selon les juges, chaque Apple Watch concernée génère en réalité environ 8 kilos de CO₂. Pour compenser, Apple s’appuie sur l’achat de crédits carbone, notamment via des projets de reforestation au Paraguay. Or, ces compensations sont jugées trop fragiles et insuffisantes pour garantir une réelle neutralité sur la durée.
Lire aussi :
- iPhone 17 : l’iPhone le plus fin de l’histoire attendu lors du prochain Apple Event
- iPhone 20 : Apple prépare un design en verre incurvé pour marquer les 20 ans de l’iPhone
Le problème des crédits carbone d’Apple
Le tribunal a particulièrement pointé du doigt la stratégie choisie par la firme : la plantation d’eucalyptus sur des terres louées au Paraguay, dont les baux expirent en 2029. Une échéance beaucoup trop courte par rapport aux attentes liées à la neutralité carbone. Les consommateurs, rappellent les juges, peuvent légitimement penser que les projets de compensation resteront valides jusqu’en 2050 et au-delà, en ligne avec les objectifs fixés par l’Accord de Paris.
Sans garanties de long terme, il existe un risque que ces forêts soient coupées une fois les baux arrivés à terme, ce qui annulerait l’effet de compensation. C’est pourquoi le tribunal estime que la communication d’Apple enfreint les règles de concurrence en Allemagne, en donnant l’impression d’une action climatique plus durable qu’elle ne l’est réellement.
La réponse d’Apple et ses objectifs climatiques
Apple, de son côté, affirme que cette décision confirme en partie la validité de sa démarche et rappelle son engagement : atteindre la neutralité carbone sur toute sa chaîne d’approvisionnement d’ici 2030. La firme souligne ses efforts dans l’innovation énergétique, l’utilisation de matériaux à faible impact et la réduction de ses émissions directes.
Cependant, cette affaire met en lumière les limites de la compensation carbone comme outil de communication écologique. Pour les ONG, ce type de promesse repose trop souvent sur des mécanismes incertains, loin des réductions d’émissions concrètes. Le jugement pourrait faire jurisprudence et inciter d’autres pays européens à encadrer plus strictement les déclarations environnementales des grandes entreprises.
L’affaire pourrait avoir un impact bien au-delà d’Apple. En soulignant les limites des compensations carbone à court terme, le tribunal allemand envoie un message clair à l’ensemble du secteur technologique : il ne suffit plus d’acheter des crédits pour se dire « vert ». Les consommateurs et les régulateurs exigent désormais des preuves concrètes et durables.
Pour Apple, cette décision est un revers dans sa communication écologique, mais aussi une opportunité de repenser sa stratégie pour la rendre plus transparente et crédible. Pour les autres entreprises, c’est un avertissement : les promesses de neutralité carbone devront s’accompagner de garanties solides, sous peine de sanctions juridiques et d’un retour de bâton médiatique.