Eugenia Kuyda, pionnière de l’intelligence artificielle grand public et créatrice du célèbre compagnon virtuel Replika, revient sur le devant de la scène avec une nouvelle startup baptisée Wabi.
Son ambition ? Transformer la façon dont les utilisateurs conçoivent et partagent des applications, sans écrire une seule ligne de code.
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Wabi, une plateforme où chacun peut créer ses propres mini-apps
Présentée comme le « YouTube des applications », Wabi permet à n’importe qui de générer instantanément des mini-apps à partir de simples instructions textuelles. L’utilisateur n’a qu’à saisir une idée — par exemple « crée-moi une application de thérapie virtuelle » — et Wabi se charge de tout : conception, interface, icône, base de données et fonctionnalités.
L’objectif est clair : rendre la création logicielle aussi simple que la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux. Lancée en version bêta, la plateforme intègre déjà une dimension communautaire forte, avec des options pour aimer, commenter, remixer et explorer les créations d’autres utilisateurs.
Un financement impressionnant et des soutiens prestigieux
Pour donner vie à ce projet ambitieux, Wabi a levé 20 millions de dollars en pré-amorçage. Parmi les investisseurs figurent des noms majeurs de la tech : Naval Ravikant (AngelList), Garry Tan (Y Combinator), Justin Kan (Twitch), Amjad Masad (Replit), Akshay Kothari (Notion), ou encore Sarah Guo (Conviction).
Ces soutiens financiers et stratégiques reflètent la confiance du secteur dans le potentiel de Wabi, qui s’inscrit dans la lignée des outils “no-code” comme Replit ou Emergent, tout en y ajoutant une dimension sociale et collaborative inédite.
Eugenia Kuyda explique que Wabi a été conçu pour les personnes « qui n’ont rien à voir avec le monde du code », mais qui veulent créer des outils adaptés à leur quotidien. Le projet vise à démocratiser la création logicielle en supprimant les barrières techniques qui freinent encore l’innovation individuelle.
Une vision nouvelle du web créatif et participatif
Au-delà de la technologie, Wabi incarne une philosophie : rendre Internet à nouveau créatif, libre et surprenant. Kuyda et ses investisseurs imaginent un futur où les jeunes, au lieu de vouloir devenir des stars de TikTok, aspireront à créer et partager leurs propres logiciels.
Anish Acharya, associé général chez Andreessen Horowitz, compare cette révolution à celle de YouTube : « Au départ, les vidéos étaient amateurs et brouillonnes. Aujourd’hui, elles atteignent un niveau de production professionnel. Wabi pourrait suivre le même chemin, mais avec le logiciel. »
Cette approche s’inscrit dans la tendance émergente du « disposable software », des applications éphémères, faciles à créer et à supprimer, qui redonnent à Internet une touche d’expérimentation et de liberté artistique perdue.
Avec Wabi, Eugenia Kuyda semble une fois de plus anticiper l’avenir : celui d’un monde où chacun pourra créer, personnaliser et partager son propre univers numérique, sans dépendre des géants de la tech.

