La fusion nucléaire, longtemps perçue comme une promesse lointaine, semble entrer dans une phase beaucoup plus concrète.
Lors du CES 2026, la startup américaine Commonwealth Fusion Systems (CFS) a annoncé l’installation du premier aimant de son réacteur expérimental Sparc. Cette avancée marque une étape décisive dans le développement de cette technologie, qui pourrait transformer durablement la production d’énergie mondiale au cours de la prochaine décennie.
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Des aimants surpuissants au cœur du réacteur Sparc
Le réacteur Sparc repose sur une architecture de type tokamak, dans laquelle 18 aimants supraconducteurs formeront une structure circulaire destinée à confiner un plasma extrêmement chaud. Chaque aimant pèse environ 24 tonnes et est capable de générer un champ magnétique atteignant 20 teslas, soit une puissance bien supérieure à celle utilisée dans l’imagerie médicale. Pour atteindre ce niveau de performance, ces aimants sont refroidis à près de -253 °C, leur permettant de transporter des courants électriques colossaux en toute sécurité.
À l’intérieur de cette structure, le plasma atteindra des températures supérieures à 100 millions de degrés, condition indispensable pour provoquer la fusion des noyaux atomiques et libérer plus d’énergie qu’il n’en faut pour maintenir la réaction.
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Une collaboration stratégique avec Nvidia et Siemens
Afin d’optimiser le fonctionnement du réacteur avant sa mise en service, CFS s’est associée à Nvidia et Siemens pour développer un jumeau numérique de Sparc. Ce modèle virtuel permettra de simuler le comportement du réacteur en temps réel, d’anticiper les problèmes techniques et d’ajuster les paramètres avant toute intervention sur la machine physique.
Contrairement aux simulations traditionnelles utilisées uniquement lors de la phase de conception, ce jumeau numérique accompagnera Sparc tout au long de son exploitation. L’objectif est d’accélérer l’apprentissage du système grâce à l’intelligence artificielle et de réduire considérablement les délais de mise au point.
Un pari industriel colossal pour une énergie propre quasi illimitée
Le projet Sparc représente un investissement massif. Commonwealth Fusion Systems a déjà levé près de 3 milliards de dollars, avec le soutien de grands acteurs technologiques et industriels. La société prévoit ensuite de construire Arc, sa première centrale commerciale à fusion, dont le coût pourrait atteindre plusieurs milliards supplémentaires.
Malgré ces défis financiers et techniques, l’enjeu est immense. La fusion nucléaire offrirait une source d’énergie propre, stable et quasiment illimitée, sans émissions de carbone et avec des déchets minimes. Pour CFS, l’intégration de l’IA et des jumeaux numériques pourrait faire gagner de précieuses années et rapprocher la fusion du réseau électrique plus rapidement que jamais.

