La startup Anthropic, spécialisée dans l’intelligence artificielle, vient de mettre fin à un contentieux majeur avec un groupe d’auteurs de fiction et de non-fiction.
Ces derniers accusaient l’entreprise d’avoir utilisé leurs ouvrages, parfois obtenus sous forme piratée, pour entraîner ses modèles de langage. L’affaire, baptisée Bartz v. Anthropic, est l’une des premières de cette ampleur à opposer des créateurs littéraires à un acteur majeur de l’IA.
Bien que les détails financiers et pratiques de l’accord n’aient pas été dévoilés, les avocats des plaignants parlent d’un “règlement historique” qui devrait bénéficier à l’ensemble des auteurs concernés. Du côté d’Anthropic, ce choix évite un procès long et médiatisé, tout en limitant les risques d’image pour une entreprise en pleine croissance.
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Un cas emblématique autour du “fair use”
Au cœur du litige, la question de savoir si l’utilisation de livres, souvent acquis via des copies piratées, pouvait être couverte par la doctrine du “fair use” (usage équitable). Le tribunal avait initialement estimé qu’Anthropic avait bien le droit d’utiliser ces ouvrages pour entraîner ses modèles de langage, puisque l’objectif poursuivi était exclusivement technique et non commercial direct, ce qui constituait une victoire symbolique pour la startup.
Cependant, le fait que nombre de ces livres provenaient de copies piratées exposait Anthropic à des sanctions financières considérables. C’est cette nuance qui a rendu le dossier explosif : d’un côté, une validation juridique de l’usage des données pour la recherche en IA ; de l’autre, une condamnation morale et financière liée aux conditions d’acquisition de ces œuvres.
Une victoire mitigée pour l’IA, un signal pour les auteurs
Pour Anthropic, ce règlement est une manière d’éviter un procès long et potentiellement coûteux en termes d’image. L’entreprise avait présenté le jugement initial comme une victoire pour les modèles génératifs, arguant que le tribunal avait reconnu la légitimité de l’usage des livres dans le cadre du développement de ses technologies.
De leur côté, les avocats des auteurs ont salué un “accord historique”, estimant que ce règlement ouvrirait la voie à une meilleure prise en compte des droits des écrivains face à l’appétit insatiable des géants de l’IA pour les données textuelles. Les détails de l’indemnisation et les mécanismes de compensation n’ont pas encore été révélés, mais cette décision pourrait inspirer d’autres groupes d’auteurs à engager des actions similaires.
Anthropic vise une valorisation de 170 milliards de dollars avec une levée de fonds controversée
Cette affaire pourrait créer un précédent et inspirer d’autres actions collectives, notamment en Europe où le droit d’auteur est plus strict. Elle relance également le débat sur de possibles cadres législatifs internationaux pour encadrer l’utilisation des œuvres dans l’entraînement des IA. L’objectif sera de garantir une compensation équitable aux créateurs, tout en permettant aux chercheurs et entreprises de continuer à innover.