Le paysage technologique américain est en pleine mutation, et l’annonce d’un investissement massif du gouvernement des États-Unis dans la startup xLight en est l’illustration parfaite.
Grâce au Chips and Science Act adopté en 2022, l’administration Trump injecte jusqu’à 150 millions de dollars dans l’entreprise californienne, en échange d’une participation au capital. Une décision qui fait grincer des dents dans la Silicon Valley, mais qui soulève surtout une question centrale : que se passe-t-il lorsque l’État devient l’un des principaux actionnaires d’une entreprise privée ?
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Une stratégie industrielle assumée pour contrer la dépendance technologique
Ce nouvel investissement marque la première attribution du Chips Act du second mandat Trump, et s’inscrit dans une tendance déjà amorcée : Washington prend désormais des participations directes dans des entreprises jugées stratégiques. Après Intel, Trilogy Metals, Lithium Americas ou encore MP Materials, c’est au tour de xLight de voir l’État entrer à son capital — et probablement devenir son plus grand investisseur.
L’objectif est clair : réduire la dépendance technologique américaine, en particulier sur des segments critiques comme les semi-conducteurs et les terres rares, secteurs dominés par l’Asie ou l’Europe. Le message envoyé est sans ambiguïté : la fabrication de puces est désormais considérée comme une question de sécurité nationale.
xLight : une ambition technologique titanesque
Fondée il y a quatre ans à Palo Alto, xLight ne vise rien de moins qu’une révolution industrielle. Son projet ? Concevoir des lasers basés sur des accélérateurs de particules, de la taille d’un terrain de football, capables de produire une lumière bien plus précise pour fabriquer les puces de prochaine génération.
Si cette vision devient réalité, elle pourrait défier ASML, l’entreprise néerlandaise qui détient aujourd’hui un quasi-monopole mondial sur les machines de lithographie EUV. Alors qu’ASML travaille avec un rayonnement de 13,5 nm, xLight vise 2 nm, une rupture technologique qui pourrait accélérer la fabrication, réduire la consommation d’énergie et augmenter le rendement.
Le projet s’appuie sur deux figures clés :
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Nicholas Kelez, expert issu du secteur quantique et des laboratoires publics
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Pat Gelsinger, ex-PDG d’Intel, revenu pour ce projet qu’il considère comme « personnel »
Un modèle d’investissement qui inquiète autant qu’il fascine
Si l’annonce provoque autant d’espoir que de controverses, c’est parce qu’elle renforce un modèle de financement critiqué : les investissements circulaires. Dans ce système, l’État finance une entreprise qui utilise cet argent pour acheter technologies et services à d’autres sociétés de l’écosystème… renforçant indirectement l’acteur initial — en l’occurrence, l’industrie américaine du chip.
Certains parlent d’une stratégie visionnaire ; d’autres, d’une forme de capitalisme d’État camouflé sous le drapeau de l’innovation.
À l’heure où la compétition internationale autour de l’IA et des semi-conducteurs s’intensifie, une chose est sûre : xLight devient une expérience à suivre de très près.

