La course à la puissance de calcul dans le domaine de l’intelligence artificielle s’accélère, et Meta entend bien garder une longueur d’avance.
Dans son dernier rapport trimestriel, l’entreprise dirigée par Mark Zuckerberg a annoncé qu’elle prévoyait de consacrer entre 66 et 72 milliards de dollars en 2025 à ses infrastructures d’IA. Ce chiffre, impressionnant, représente une augmentation de 30 milliards par rapport à 2024, et annonce une stratégie ambitieuse pour les années à venir.
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Des superclusters géants pour soutenir la vision IA de Meta
Meta a déjà lancé plusieurs projets d’envergure baptisés “titan clusters”. Parmi eux, Prometheus, situé dans l’Ohio, devrait devenir l’un des premiers centres de calcul à atteindre 1 gigawatt de puissance. Suivra Hyperion, un cluster en Louisiane que Zuckerberg décrit comme ayant une emprise au sol équivalente à celle de Manhattan, avec un objectif de 5 gigawatts à terme.
Ces centres, aux capacités titanesques, représentent la clé de voûte de la stratégie IA de Meta : construire l’infrastructure nécessaire pour héberger les modèles les plus puissants, tout en anticipant la demande croissante en ressources de calcul dans les prochaines années.
Une IA au cœur de l’expérience utilisateur… et de la rentabilité
L’énorme investissement dans l’IA vise à soutenir la vision de “superintelligence personnelle” défendue par Mark Zuckerberg. L’idée : permettre à chaque individu d’améliorer son quotidien à l’aide d’assistants intelligents embarqués dans des lunettes connectées ou des casques de réalité virtuelle.
Cette stratégie s’est traduite dès ce trimestre par de bons résultats financiers. Meta a enregistré 47,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2025, principalement tiré par la publicité. Les outils IA internes – comme la traduction automatique, la génération de vidéos ou le ciblage intelligent – ont renforcé l’efficacité des campagnes publicitaires, séduisant les annonceurs.
En revanche, la division Reality Labs, dédiée à la réalité virtuelle et augmentée, a subi une perte de 4,5 milliards de dollars.
Un financement hybride et des controverses environnementales
Si Meta prévoit d’autofinancer une grande partie de ces dépenses, la CFO Susan Li a évoqué des partenariats financiers externes, notamment pour la co-construction de centres de données. L’entreprise pourrait ainsi attirer d’importants investisseurs tout en gardant une certaine flexibilité opérationnelle.
Meta va-t-elle abandonner l’open source pour ses futurs modèles d’intelligence artificielle ?
Mais cette expansion colossale n’est pas sans conséquences. Certains projets, comme celui de Newton County (Géorgie), ont déjà soulevé des problèmes environnementaux : des pénuries d’eau potable ont été signalées dans des habitations proches du site, alimentant les critiques sur l’impact local de cette infrastructure énergétique dévorante.

