Lundi, l’atmosphère habituellement feutrée du siège de Microsoft à Redmond a été bouleversée par une action militante inattendue.
Des membres du collectif “No Azure for Apartheid” ont pénétré dans le bâtiment 34 et sont parvenus à s’introduire directement dans le bureau de Brad Smith, président du groupe. Armés de banderoles et d’un faux mandat juridique accusant Microsoft de « crimes contre l’humanité », ils ont filmé leur occupation en direct sur Twitch, scandant des slogans dénonçant la collaboration présumée de l’entreprise avec Israël. Face à la situation, Microsoft a déclenché un lockdown temporaire, une mesure rare qui a immédiatement attiré l’attention des médias et du public.
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Arrestations et réactions officielles
La police de Redmond a rapidement été dépêchée sur place pour mettre fin à l’occupation. Sept personnes ont été arrêtées, dont deux salariés actuels de Microsoft et un ex-employé de Google connu pour ses engagements militants. Les charges retenues incluent intrusion illégale et obstruction. Quelques heures plus tard, Brad Smith a tenu une conférence de presse improvisée, debout derrière son bureau fraîchement libéré. S’il a fermement condamné l’action, qualifiant la méthode de « distraction inutile », il a aussi insisté sur la volonté de Microsoft de poursuivre le dialogue en interne avec ses employés issus de divers horizons. Selon lui, ces occupations spectaculaires nuisent au travail de fond déjà engagé au sein du groupe.
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Un climat de contestation croissante dans la tech
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de contestation dans l’industrie technologique. Plusieurs enquêtes récentes ont révélé que les services de Microsoft, notamment via Azure, sont utilisés pour le stockage et l’analyse de données par les autorités israéliennes. Ces révélations nourrissent la colère de certains salariés et militants, qui voient dans ces contrats une trahison des valeurs éthiques affichées par l’entreprise.
L’action rappelle fortement celle de Google en 2024, lorsque des employés avaient occupé le bureau du PDG de Google Cloud pour dénoncer le contrat Project Nimbus signé avec Israël. Ce précédent avait entraîné de multiples licenciements, mais n’avait pas suffi à faire taire les critiques sur les liens entre géants du cloud et projets militaires.
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Aujourd’hui, l’affaire Microsoft montre que la fracture s’élargit entre les directions et une partie des employés. Pour beaucoup de militants, il ne s’agit pas seulement d’une question commerciale, mais d’un combat moral et politique : refuser que les technologies qui structurent le quotidien mondial soient utilisées dans des contextes de surveillance ou de conflit.