L’éditeur Penske Media Corporation (PMC), propriétaire de publications renommées telles que Rolling Stone, Billboard, Variety, Hollywood Reporter, et Deadline, a engagé une action en justice contre Google.
Cette procédure fait suite aux accusations selon lesquelles Google aurait illégalement utilisé le contenu de ces éditeurs pour générer des résumés AI qui nuisent à leur modèle économique. Il s’agit de la première action en justice contre Google et sa maison mère Alphabet concernant l’utilisation de résumés générés par IA dans les résultats de recherche.
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Les accusations de PMC contre Google
Penske Media accuse Google d’avoir abusé de sa position dominante en forçant l’entreprise à autoriser la republication de son contenu dans les “AI Overviews”, un format introduit par Google en 2023. Le procès suggère que, bien que PMC permette à Google de “crawler” ses sites pour fournir un trafic de référence via les résultats de recherche, cette participation a été liée à un autre échange pour lequel PMC et d’autres éditeurs ne consentent pas volontairement. En d’autres termes, Google aurait obligé les éditeurs à accepter la republication de leur contenu pour d’autres usages (comme les résumés IA), ce qui cannibalise les clics provenant des résultats de recherche organiques.
Les conséquences pour les éditeurs
L’impact de cette nouvelle stratégie de Google a des conséquences financières notables pour Penske Media, qui affirme avoir vu une baisse significative des clics en provenance de Google depuis l’introduction des “AI Overviews”. Cela a entraîné une diminution des revenus publicitaires, qui sont primordiaux pour le modèle économique des éditeurs de presse en ligne. De plus, cette baisse de trafic affecte également les revenus issus des abonnements et des programmes d’affiliation, car ces sources dépendent directement des visites sur les sites des éditeurs.
La défense de Google
En réponse à ces accusations, un porte-parole de Google, José Castañeda, a défendu les “AI Overviews” en affirmant qu’ils rendaient la recherche Google “plus utile” et créaient “de nouvelles opportunités pour découvrir du contenu”. Il a ajouté que chaque jour, Google génère des milliards de clics vers des sites web, et que les AI Overviews envoient du trafic vers une plus grande diversité de sites. Google a également rejeté les allégations concernant la baisse du trafic, affirmant qu’elles ne reposaient sur aucune preuve solide.
Un procès dans un contexte antitrust plus large
Ce procès intervient dans un contexte où Google est déjà sous pression juridique pour ses pratiques anticoncurrentielles. Bien qu’un juge fédéral ait estimé que Google avait agi illégalement pour maintenir un monopole dans la recherche en ligne, il n’a pas ordonné la séparation de l’entreprise, notamment en ne contraignant pas Google à vendre Chrome. Néanmoins, les discussions sur l’impact des AI Overviews sur le marché de la recherche continuent de faire écho dans les salles de tribunal et parmi les régulateurs, avec une concurrence accrue dans le secteur de l’IA.

