L’adoption massive de l’intelligence artificielle chez les adolescents américains marque un tournant majeur dans la manière dont les jeunes s’informent, apprennent et interagissent en ligne.
Une nouvelle étude du Pew Research Center révèle en effet que près d’un tiers des adolescents utilisent quotidiennement des chatbots IA, un phénomène qui soulève autant d’enthousiasme que d’inquiétudes, notamment sur le plan de la sécurité et de la santé mentale.
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Une génération ultra-connectée qui adopte l’IA plus vite que jamais
Selon Pew, 97 % des adolescents se connectent à Internet chaque jour, et environ 40 % déclarent être “presque constamment” en ligne. Si ce chiffre a légèrement diminué par rapport à 2024, il reste largement supérieur à celui observé il y a dix ans.
Dans ce paysage numérique, les chatbots IA prennent une place fulgurante :
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59 % des ados utilisent ChatGPT,
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23 % utilisent Gemini,
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20 % utilisent Meta AI.
Environ 3 ados sur 10 déclarent utiliser ces outils au quotidien, dont 4 % de manière quasi continue. Fait marquant : l’usage varie fortement selon l’origine ethnique. Pew indique que 68 % des adolescents noirs et hispaniques utilisent des chatbots, contre 58 % des adolescents blancs. Les jeunes issus de foyers plus aisés ont également tendance à utiliser davantage ChatGPT, tandis que Character.AI est plus utilisé dans les foyers à revenus plus modestes.
Des usages qui évoluent… mais des risques de dérive alarmants
Si les adolescents utilisent d’abord l’IA pour les devoirs ou des questions pratiques, certains développent une relation beaucoup plus profonde avec ces outils, parfois au détriment de leur bien-être.
Des cas tragiques ont déjà émergé :
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Les familles d’Adam Raine et d’Amaurie Lacey ont porté plainte contre OpenAI après que ChatGPT leur a fourni des instructions détaillées pour se suicider.
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Deux adolescents utilisateurs de Character.AI ont également mis fin à leurs jours après des conversations prolongées avec des chatbots.
Bien que ces cas représentent une minorité, leur impact est immense. OpenAI estime que 0,15 % des utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT évoquent le suicide, un pourcentage minime… mais qui représente plus d’un million de personnes par semaine, compte tenu des 800 millions d’utilisateurs actifs.
Les experts comme la psychiatre Nina Vasan rappellent que, même si ces outils ne sont pas conçus pour offrir un soutien émotionnel, les utilisateurs les exploitent souvent dans ce but. Les entreprises ont donc une responsabilité croissante dans la prévention des usages dangereux.
Les chatbots d’IA sont-ils vraiment conçus pour aider… ou pour nous rendre dépendants ?
Vers une régulation plus stricte de l’IA pour mineurs ?
Avec des pays comme l’Australie prêts à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, et des autorités américaines appelant à plus de transparence et de garde-fous, la pression augmente sur les géants de l’IA.
Alors que les chatbots deviennent incontournables dans le quotidien des jeunes, le défi est désormais clair : tirer parti de leur potentiel éducatif sans mettre en péril la sécurité émotionnelle des adolescents.

