Alors que les coûts d’infrastructure d’OpenAI atteignent des sommets vertigineux, son PDG Sam Altman a tenu à clarifier une chose : il ne souhaite pas que le gouvernement américain intervienne pour sauver son entreprise en cas de défaillance.
Cette mise au point survient après une polémique née des propos de la directrice financière d’OpenAI, Sarah Friar, qui avait évoqué l’idée d’un soutien public pour sécuriser les prêts de la société.
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Une confusion sur les intentions financières d’OpenAI
Lors d’un événement organisé par le Wall Street Journal, Sarah Friar avait suggéré que l’entreprise envisageait de solliciter une garantie fédérale (“backstop”) sur ses prêts liés aux centres de données. Une telle mesure aurait permis à OpenAI d’obtenir des taux d’intérêt plus avantageux, le gouvernement servant alors de garant en cas de défaut de paiement.
Ses propos, rapidement relayés sur les réseaux sociaux, ont provoqué une vague de critiques, certains y voyant une demande déguisée de sauvetage aux frais du contribuable. Face à la controverse, Friar a tenté d’éteindre l’incendie : « OpenAI ne cherche pas de garantie gouvernementale pour ses engagements d’infrastructure », a-t-elle précisé sur LinkedIn. Elle a admis avoir « mal employé le mot backstop », reconnaissant que ses déclarations avaient prêté à confusion.
Sam Altman réaffirme l’indépendance d’OpenAI
Dans la foulée, Sam Altman a pris la parole sur X (anciennement Twitter) pour défendre une ligne claire : OpenAI n’a ni besoin ni envie de garanties publiques.
« Les gouvernements ne devraient pas choisir les gagnants ou les perdants. Les contribuables ne doivent pas renflouer les entreprises qui font de mauvais choix ou échouent sur le marché », a-t-il déclaré.
Le dirigeant a tout de même précisé qu’OpenAI avait discuté de garanties de prêts uniquement dans le cadre du soutien à la construction d’usines de semi-conducteurs américaines — un projet d’intérêt national partagé par plusieurs grandes entreprises technologiques. Toutefois, il insiste : ces discussions n’ont jamais concerné OpenAI directement.
Cette réaction a été saluée par plusieurs figures de la Silicon Valley, dont David Sacks, conseiller de Donald Trump sur les questions d’intelligence artificielle, qui a confirmé qu’aucun plan de sauvetage fédéral pour les sociétés d’IA n’était envisagé.
Une croissance colossale, mais des défis financiers immenses
Derrière ce débat politique, la réalité économique d’OpenAI reste impressionnante : l’entreprise affiche un revenu annuel de 20 milliards de dollars et ambitionne d’atteindre des centaines de milliards d’ici 2030. Pourtant, ses projets d’expansion nécessitent 1,4 trillion de dollars d’investissements sur huit ans, notamment pour la construction de data centers et l’achat de puces de nouvelle génération.
Sam Altman reste confiant : selon lui, la croissance rapide des offres pour entreprises, le développement de nouveaux appareils grand public et les avancées en robotique permettront à OpenAI de maintenir le cap. Reste à savoir si cette expansion pourra se poursuivre sans le soutien de l’État — un pari audacieux, mais assumé.

