La confrontation entre X et l’Union européenne s’intensifie.
À peine la Commission européenne annonçait une amende de 120 millions d’euros contre la plateforme de Elon Musk que X décidait, quelques heures plus tard, de désactiver le compte publicitaire officiel de l’institution. Officiellement, la mesure serait liée à une mauvaise utilisation d’un outil publicitaire. Officieusement, difficile de ne pas y voir un geste de représailles dans un contexte déjà très tendu.
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Une amende historique liée au Digital Services Act
La sanction imposée par la Commission représente la première application majeure du Digital Services Act contre un réseau social de cette envergure.
Selon Bruxelles, le système de vérification payante introduit par X serait « trompeur » et encouragerait les usurpations d’identité, augmentant les risques d’arnaques. Le régulateur reproche également à X de ne pas respecter ses obligations de transparence concernant les publicités, notamment via un répertoire jugé incomplet et difficile à consulter.
La Commission donne au réseau social 60 jours pour revoir son système de badges bleus et 90 jours pour corriger les défauts de transparence. En cas de non-respect, les sanctions pourraient être nettement plus sévères.
Fidèle à son style, Elon Musk a vivement réagi, qualifiant l’amende de « bullshit » et allant jusqu’à appeler à « abolir l’Union européenne », un message qui n’a pas contribué à apaiser les tensions.
X accuse la Commission d’avoir utilisé un “exploit” publicitaire
Peu après la sanction, Nikita Bier, responsable produit chez X, a accusé la Commission d’avoir utilisé un ancien compte publicitaire pour exploiter une faille dans l’outil Ad Composer.
Selon lui, le message annonçant l’amende aurait été publié via un lien maquillé en vidéo afin d’obtenir une portée artificiellement plus élevée.
Bier affirme que cette pratique viole les règles internes de la plateforme et poursuit en déclarant :
« X estime que tout le monde doit être traité de manière égale. Vous semblez penser que les règles ne s’appliquent pas à vous. »
La plateforme a donc désactivé le compte publicitaire européen, tout en indiquant que la faille avait été corrigée.
Bruxelles dément toute mauvaise intention
De son côté, la Commission européenne assure avoir utilisé les outils de X « en toute bonne foi » et rappelle qu’elle a cessé d’acheter de la publicité sur la plateforme depuis octobre 2023.
Elle ajoute que les outils mis à disposition des comptes institutionnels doivent respecter à la fois les règles de X et les exigences légales européennes.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la relation de plus en plus conflictuelle entre Musk et les autorités européennes, alors que le DSA impose des obligations strictes aux grandes plateformes. Et il y a fort à parier que ce bras de fer est loin d’être terminé.

