Avant de devenir l’un des studios les plus influents de l’industrie vidéoludique, Rockstar Games a connu des périodes de grande incertitude.
Dan Houser, cofondateur et scénariste emblématique de la série Grand Theft Auto, a récemment confié qu’il avait redouté la fermeture du studio lors de la production de GTA 4. Une peur qui, selon lui, ne venait pas du jeu en lui-même, mais d’un scandale survenu quelques années plus tôt autour de GTA: San Andreas.
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Le scandale du “Hot Coffee” : un choc pour Rockstar
Tout commence en 2005, lorsque des moddeurs découvrent un mini-jeu sexuel caché dans la version PC de GTA: San Andreas. Ce contenu, baptisé Hot Coffee, n’était pas accessible sans modifier le code du jeu, mais sa mise au jour provoque un véritable séisme médiatique et politique.
L’ESRB, l’organisme américain de classification des jeux vidéo, décide alors de reclasser San Andreas en Adults Only, une sanction rare qui menace sa commercialisation. Les autorités américaines et internationales s’en mêlent, et Take-Two Interactive, la maison mère de Rockstar, reçoit même un avertissement officiel de la Federal Trade Commission.
Dan Houser, invité récemment sur le podcast de Lex Fridman, explique que cette période a profondément marqué l’équipe :
“Avec tout ce drame autour de Hot Coffee, on pensait sans cesse que Rockstar pourrait être fermé en plein milieu du développement de GTA 4.”
Cette crainte a plané sur tout le début de la production, alors que l’équipe tentait de reconstruire sa crédibilité tout en innovant pour la nouvelle génération de consoles.
Une peur qui a façonné l’identité sombre de GTA 4
Cette tension a eu un impact direct sur la vision artistique du jeu. Alors que GTA: San Andreas baignait dans la satire et la démesure, GTA 4 allait adopter un ton beaucoup plus réaliste et introspectif.
Dan Houser admet que son état d’esprit à l’époque, mêlant incertitude et pression, s’est reflété dans le scénario : la tristesse et la désillusion de Niko Bellic traduisent les doutes de toute une équipe confrontée à l’idée de perdre ce qu’elle avait bâti.
Le résultat fut pourtant salué : GTA 4 est devenu une œuvre charnière, marquant un tournant dans la narration vidéoludique et dans la maturité de la franchise.
De la peur à la consécration mondiale
Ce moment de fragilité appartient aujourd’hui au passé. Treize ans plus tard, GTA 5 s’imposera comme le produit de divertissement le plus rentable de l’histoire, assurant à Rockstar une place au sommet.
Dan Houser, lui, a quitté le studio en 2020 après 22 ans de carrière, pour fonder Absurd Ventures, un nouveau projet centré sur la narration. Il ne participera donc pas à la création de GTA 6, le premier épisode majeur de la série sans sa plume.

