Après quinze longues années de bataille judiciaire, Nintendo vient enfin d’obtenir gain de cause dans une affaire emblématique liée à la Wii.
Le géant japonais a remporté un procès intenté dès 2010 contre BigBen Interactive, aujourd’hui connu sous le nom de Nacon, concernant la violation de brevets liés aux manettes Wii. Cette décision tardive mais symbolique illustre une nouvelle fois la détermination de Nintendo à protéger ses innovations technologiques, même sur le très long terme.
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Une affaire née à l’âge d’or de la Wii
En juin 2010, Nintendo avait attaqué BigBen en justice en Allemagne, accusant le fabricant d’accessoires de commercialiser des manettes Wii non officielles intégrant des technologies brevetées sans autorisation. Les brevets en question concernaient notamment l’ergonomie de la Wiimote et certains systèmes de capteurs, éléments clés de l’expérience Wii qui ont largement contribué au succès mondial de la console.
BigBen s’était défendu en affirmant que ses ventes n’avaient pas réellement porté préjudice à Nintendo, avançant que les consommateurs auraient simplement acheté d’autres manettes tierces en son absence. Cet argument visait à réduire le montant des dommages réclamés. Toutefois, dès 2011, une première décision avait reconnu l’existence d’une contrefaçon, ouvrant la voie à une série d’appels et de procédures qui allaient s’étirer sur plus d’une décennie.
Une victoire financière majeure pour Nintendo
Le 30 octobre 2025, le tribunal régional de Mannheim a tranché définitivement en faveur de Nintendo. La firme japonaise s’est vu accorder près de 7 millions d’euros de dommages et intérêts, soit environ 8,2 millions de dollars. Cette somme inclut près de 3 millions d’euros d’intérêts accumulés depuis 2018, ainsi que les frais juridiques.
Le tribunal a retenu une approche fondée sur la perte de profits, considérant que Nintendo aurait capté l’intégralité des ventes de manettes si BigBen n’avait pas enfreint ses brevets. Les juges ont explicitement rejeté l’idée selon laquelle la présence d’autres fabricants tiers aurait atténué la responsabilité du défendeur. BigBen conserve toutefois la possibilité de faire appel, ce qui pourrait encore prolonger l’affaire.
Une stratégie juridique fidèle à l’ADN de Nintendo
Cette victoire s’inscrit dans une longue tradition de défense agressive de la propriété intellectuelle par Nintendo. L’entreprise n’hésite pas à engager des procédures coûteuses pour protéger ses brevets, ses consoles et ses licences. Plus récemment, Nintendo a multiplié les actions en justice, notamment contre des moddeurs de la Switch ou contre le studio Pocketpair, accusé d’avoir repris des mécaniques proches de Pokémon dans Palworld.
Même si certaines de ces affaires restent controversées ou partiellement contestées, le cas BigBen démontre que Nintendo est prêt à attendre des années pour faire valoir ses droits. Quinze ans après le dépôt de plainte initial, cette décision envoie un message clair à l’ensemble de l’industrie : les brevets Nintendo ne tombent jamais vraiment dans l’oubli.

