L’utilisation de l’intelligence artificielle dans le développement de jeux vidéo continue de diviser profondément l’industrie.
Dernier exemple en date : la polémique entourant Larian Studios, le studio derrière Baldur’s Gate 3, après des déclarations de son PDG Swen Vincke sur l’usage de l’IA générative. Alors que la controverse prenait de l’ampleur, une figure inattendue est venue publiquement défendre le studio : Daniel Vávra, directeur de Kingdom Come: Deliverance 2, l’un des grands prétendants au titre de Jeu de l’Année 2025.
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Une polémique née de l’utilisation de l’IA chez Larian
La controverse a éclaté lorsque Swen Vincke a expliqué que Larian commençait à utiliser l’IA pour certaines étapes de la production, notamment pour générer du concept art. Rapidement, une partie de la communauté a dénoncé cette pratique, estimant qu’elle risquait de remplacer ou de dévaloriser le travail des artistes humains. Les critiques se sont intensifiées après que Vincke a affirmé que la majorité des employés du studio étaient à l’aise avec cette approche, alors que certains développeurs de Larian avaient exprimé par le passé leur opposition à l’IA générative.
Daniel Vávra dénonce une « hystérie autour de l’IA »
Face à cette vague de réactions négatives, Daniel Vávra a pris la parole sur les réseaux sociaux pour défendre Larian. Il a qualifié les attaques visant Swen Vincke d’« hystérie liée à l’IA », comparant cette peur aux résistances historiques face aux grandes révolutions technologiques. Selon lui, refuser l’IA en bloc reviendrait à s’opposer à des outils qui ont, par le passé, permis d’accélérer la création sans supprimer la créativité humaine.
Bien que Vávra affirme ne pas être un partisan de l’art généré par IA, il estime que cette technologie peut devenir un outil utile, notamment pour les studios de taille moyenne ou indépendante, en leur permettant de concrétiser des projets plus ambitieux avec des ressources limitées.
Des opportunités… mais aussi des risques reconnus
Le directeur de Kingdom Come: Deliverance 2 reconnaît toutefois que l’IA comporte des risques importants. Il évoque notamment la menace potentielle sur certains métiers techniques et créatifs, ainsi que des dérives possibles à long terme. Malgré cela, il considère que l’IA pourrait enrichir les jeux vidéo, par exemple en offrant des interactions plus dynamiques avec les PNJ, capables de répondre de manière contextuelle tout en restant cohérents avec l’univers du jeu.
Une industrie toujours profondément divisée
L’avis de Vávra est loin de faire l’unanimité. D’autres figures majeures du jeu vidéo, comme Bruce Straley (The Last of Us) ou Dan Houser (Rockstar), se montrent extrêmement critiques envers l’IA générative, qu’ils estiment incompatible avec une création artistique authentique. Pourtant, malgré les débats, l’IA est déjà largement présente : une part significative des jeux publiés sur Steam y aurait recours d’une manière ou d’une autre. Entre méfiance et adoption progressive, l’avenir de l’IA dans le jeu vidéo reste plus incertain que jamais.

