Depuis plus de vingt-cinq ans, Pokémon s’adresse à un public très large, tout en restant longtemps enfermé dans des codes simples et parfois rigides.
Ces dernières années, la licence a cependant amorcé une transformation progressive, intégrant plus de diversité dans ses personnages et ses systèmes. Pokémon Legends: Z-A pousse cette évolution bien plus loin que ses prédécesseurs, au point de s’imposer comme l’épisode le plus inclusif jamais proposé par Game Freak.
Sans jamais afficher de message frontal, le jeu adopte une approche subtile, reposant sur le design, l’écriture et la liberté laissée au joueur. Ce sont ces choix cumulés qui donnent à Legends: Z-A une identité profondément moderne.
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Des Pokémon repensés au-delà du genre
L’un des changements les plus frappants concerne certaines Méga-Évolutions inédites. Pyroar et Mistigrix, deux Pokémon historiquement marqués par de fortes différences entre mâles et femelles, adoptent désormais une seule forme Méga, sans distinction de genre. Leur apparence fusionne des éléments associés aux deux versions, effaçant toute hiérarchie visuelle.
Ce choix n’est pas anodin. Il rompt avec une tradition installée depuis des générations et propose une vision plus fluide de l’identité, même chez les Pokémon. Sans discours explicite, Legends: Z-A introduit ainsi des créatures qui ne se définissent plus par une opposition binaire, une première marquante pour la saga.
Une personnalisation du joueur enfin sans limites
Pokémon Legends: Z-A fait également évoluer un aspect longtemps critiqué : la personnalisation du personnage. Pour la première fois, aucun vêtement n’est verrouillé par le genre. Robes, costumes, maquillage, vêtements amples ou ajustés sont accessibles à tous, indépendamment du modèle choisi au départ.
Cette liberté donne au joueur un véritable contrôle sur son apparence et renforce l’immersion. Elle se reflète aussi dans les rivaux Taunie et Urbain, deux personnages quasiment miroirs, dont les différences reposent surtout sur le style, les pronoms et la présentation. Leur écriture volontairement ambiguë laisse place à l’interprétation et normalise l’idée que l’identité peut être multiple et évolutive.
Des relations queer suggérées avec finesse
Enfin, Legends: Z-A se distingue par son traitement des relations entre personnages. Plusieurs duos féminins, comme Jacinthe et Lebanne ou Gwynn et Canari, sont fortement queer-codés. Les dialogues, les interactions et certaines scènes clés laissent peu de place au doute, sans jamais imposer de confirmation directe.
Cette approche évite les clichés et intègre ces relations comme une composante naturelle du monde du jeu. Elles ne sont ni mises en avant artificiellement ni dissimulées, mais racontées avec subtilité, respect et cohérence narrative.
Avec Pokémon Legends: Z-A, la licence franchit un cap clair. En combinant Pokémon non genrés, personnalisation libre et personnages queer-codés, le jeu modernise profondément l’univers Pokémon. Sans renier son public familial, il montre qu’il est possible d’évoluer avec son époque et de proposer une aventure dans laquelle davantage de joueurs peuvent se reconnaître.

