Depuis près de trente ans, la licence Grand Theft Auto s’impose comme une référence absolue du jeu en monde ouvert.
Pourtant, malgré son ambition démesurée et ses avancées techniques constantes, la série semble tourner en rond sur un point précis : ses lieux. Selon Obbe Vermeij, ancien directeur technique chez Rockstar North, la franchise serait enfermée dans une boucle de cinq grandes villes américaines, un schéma qu’il juge peu susceptible d’évoluer à l’avenir.
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Les cinq villes qui définissent l’ADN de GTA
Depuis le tout premier épisode sorti en 1997, Grand Theft Auto s’est construit autour de métropoles fictives inspirées de villes réelles des États-Unis. Liberty City (New York), Vice City (Miami), San Andreas (San Francisco), Los Santos (Los Angeles) et Las Venturas (Las Vegas) constituent le socle géographique quasi immuable de la série. Ces lieux ne sont pas choisis au hasard : ils incarnent des fantasmes culturels forts, profondément ancrés dans l’imaginaire américain, entre criminalité urbaine, excès, corruption et rêves de grandeur.
Vermeij explique que Rockstar préfère revisiter et réinventer ces villes plutôt que de s’aventurer vers l’inconnu. Chaque retour permet de proposer une version radicalement différente du même lieu, enrichie par les avancées technologiques et les évolutions sociétales. Ainsi, Liberty City dans GTA 4 n’a plus grand-chose à voir avec celle de GTA 3, malgré une base géographique commune.
Pourquoi Rockstar évite les décors internationaux
De nombreux fans rêvent pourtant d’un GTA se déroulant en Europe, en Asie ou en Amérique du Sud. Londres, Tokyo ou Rio sont régulièrement cités. Mais pour Vermeij, ce scénario reste hautement improbable. Rockstar maîtrise parfaitement la satire de la société américaine, ses codes, ses dérives et ses contradictions. Sortir de ce cadre impliquerait une compréhension culturelle différente, plus risquée, et potentiellement moins percutante sur le plan narratif.
D’un point de vue commercial, le pari serait également dangereux. La marque Grand Theft Auto est intimement liée à l’Amérique, et rien n’indique qu’un changement radical de décor séduirait davantage le grand public.
GTA 6 et la nostalgie comme moteur créatif
Avec Grand Theft Auto VI, Rockstar s’apprête à revenir à Vice City, bouclant ainsi un cycle amorcé à l’ère PlayStation 2. Pour Vermeij, ce retour n’est pas un problème, bien au contraire. La longue attente entre deux opus — plus de treize ans — permet aux joueurs de redécouvrir ces villes avec un regard neuf.
Grâce aux progrès technologiques, ces environnements familiers peuvent paraître totalement nouveaux, plus vivants et plus crédibles que jamais. Finalement, si GTA reste coincé dans une boucle géographique, c’est peut-être parce que cette boucle fonctionne toujours aussi bien.

