Les conséquences du covid-19 sur l’économie française

La pandémie de coronavirus a d’importantes répercussions sur le plan économique dans de nombreux pays, la France y compris. Les mesures de confinement prises par le gouvernement français ont engendré les fermetures de divers commerces et magasins physiques. De nombreux secteurs comme les loisirs, le tourisme, le transport et les événements sont aussi fortement touchés. Ce ralentissement ou arrêt des activités a une forte incidence sur l’économie française. Dans le but de vous aider à vous faire une véritable idée, le présent article vous renseigne sur les réels impacts de la maladie Covid-19 sur l’économie.

La perte de 30 points de PIB par mois

Selon diverses estimations, les mesures de confinement imposées par le gouvernement ont un impact sur la croissance économique. Ils entraîneraient la perte d’un peu plus de 30 points de PIB mensuel, soit un taux de 2,6 % de perte sur l’année. Cela correspond à 60 milliards de pertes de richesses par mois de confinement. Cette crise jugée importante transparait par le biais de l’offre et la demande.

La crise de la demande se manifeste par la chute de la consommation des ménages, mais aussi la baisse des investissements. Cela concerne principalement le secteur de la construction, avec l’arrêt d’un grand nombre de chantiers. À cela s’ajoute l’incidence de la crise sur le tourisme étranger et domestique, dont les pertes pourraient tourner autour de 14 milliards par mois en raison du confinement et de la fermeture des frontières.

La crise de l’offre quant à elle résulte de la difficulté des entreprises à poursuivre leurs activités. Plusieurs entreprises ont été contraintes à fermer par arrêté gouvernemental. D’autres sociétés se heurtent à une insuffisance de main-d’œuvre pour différentes raisons qui entraîne une baisse de la production.

La réduction de la consommation des ménages

L’instabilité engendrée par cette pandémie pousse les ménages à prendre des précautions budgétaires. Les dépenses de textile, d’habillement, de matériel de transport sont réduites au minimum nécessaire. Cela entraîne donc une baisse de la consommation des ménages de 18 % par mois de confinement. Voici les secteurs qui sont les plus touchés par cette situation :

  • l’agriculture,
  • l’industrie agroalimentaire,
  • l’hébergement-restauration,
  • le commerce,
  • les transports et entreposage,
  • les loisirs, et
  • la consommation d’énergie pour l’habitation.

Par contre, certains secteurs sont moins impactés et arrivent à tirer leurs épingles du jeu. Il s’agit notamment des secteurs informatiques et de la communication. Pour prévenir le comportement d’épargne de précaution qu’adoptent les ménages, il est recommandé aux structures compétentes d’intervenir sur les marchés de consommation. Il s’agit particulièrement de prendre des mesures de soutien à l’emploi comme le chômage partiel, ou d’octroi de liquidités aux particuliers pour booster des secteurs importants comme l’immobilier et les services.

La faible circulation de liquidité

À court terme, le problème économique le plus grave encouru est celui des liquidités. Il existe un véritable risque de faillites en chaîne parce que les PME et les ménages n’arrivent pas accéder aux financements dont ils ont réellement besoin. Ce qui fait la particularité du système français, c’est la dépendance de nombreuses PME au crédit bancaire contrairement à d’autres pays européens qui recourent davantage à la bourse. Aujourd’hui, les PME font face à un choc de trésorerie malgré la mise en place du plan de sauvegarde du gouvernement.

Néanmoins, la gestion de la trésorerie des PME peut être gérée par les banques puisque ces dernières disposent d’importantes réserves de fonds propres. Les établissements bancaires pourront tenir le coup, car elles sont mieux équipées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient à la veille de la crise des subprimes. En France, les ratios de capital sont de l’ordre de 15 % contre environ 10 % en 2008.

La hausse des demandes d’activité partielle

L’activité partielle ou chômage partiel constitue un rempart au chômage de masse. Plusieurs entreprises ont réduit ou arrêté leur activité en raison de l’épidémie de Coronavirus. À la date du 1er avril 2020, environ 425 000 demandes d’activité partielle ont été déposées par environ 415 000 établissements. Les demandes ont triplé en comparaison à celles enregistrées au 25 mars 2020. Elles concernent 3,9 millions de salariés, ce qui engendre une augmentation de plus de2, 4 millions en une semaine. Au 21 avril et selon le dernier décompte du ministère du Travail, 10,2 millions de salariés sont touchés par le chômage partiel.

L’activité partielle permet donc aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité. Les entreprises doivent indemniser les salariés concernés. Ces indemnités doivent s’élever au moins à 70 % de la rémunération brute horaire antérieure, soit environ 84 % du salaire net horaire antérieur. L’objectif est d’éviter le licenciement aux salariés puisqu’il permet à l’employeur en difficulté de faire prendre en charge tout ou une partie du coût de la rémunération des salariés durant la crise par l’État.

L’activité partielle concerne principalement ces domaines : la restauration, l’hébergement, les services spécialisés et la construction. Cette manœuvre couterait environ 12,7 milliards d’euros par mois aux finances publiques. À cela, il faut ajouter 8,7 milliards de pertes de cotisations sociales, soit un coût total budgétaire qui peut s’élever à plus de 20 milliards d’euros par mois.

L’augmentation des télétravailleurs potentiels

Le télétravail est une forme de travail qui permet aux employés de mener leurs activités en dehors du lieu de travail réel, tout en disposant d’un horaire flexible. Depuis le 18 mars 2020, le recours au télétravail est obligatoire dans toutes les entreprises des secteurs non essentiels. En dépit de la réticence de nombreuses entreprises au départ, celles-ci sont tenues de mettre en œuvre le télétravail dans la mesure du possible. Par conséquent, les entreprises ont donc équipé leurs salariés avec des logiciels et des ordinateurs qui permettent le télétravail.

Dans un tel contexte de télétravail, Les entreprises demandent alors à leurs salariés de travailler plus longtemps, jusqu’à 60 h par semaine ou d’écourter leur repos hebdomadaire du week-end. Une estimation indique que 8,4 millions d’emplois pourraient être touchés par la généralisation du télétravail dans les mois à venir. Cette stratégie garantit aux salariés le maintien de leur pouvoir d’achat.

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