L’évolution du Jazz en 2020

Le jazz peut se vanter d’une histoire particulièrement mouvementée et riche qui a su transcender les cultures et les goûts musicaux à travers le monde. Ce courant musical a été fortement influencé depuis le début du XXe siècle, autant par les réalités afro-américaines d’antan que par les rythmes musicaux modernes, faisant danser de nombreuses générations de mélomanes. Retraçons l’évolution de ce mouvement de cultures qu’est le jazz jusqu’en 2020.

L’évolution du Jazz des années 30 aux années 60

Les premiers rythmes qui ont donné naissance au jazz étaient les worksongs. Ils étaient caractérisés par des sons générés à partir d’outils de travaux champêtres, accompagnés de chants chaleureux. Vinrent ensuite le negro-spiritual et le gospel, qui étaient des formes de worksongs chantés strictement ou librement à partir de textes inspirés de la Bible.

Du swing au Hard bop, entre les années 30 et 50

Les années 30 représentent la décennie qui érige le jazz au statut de musique à part entière. Une consécration qui s’est faite sous le nom de swing, encore appelé hot jazz. Ce style apportait une touche rythmique composée de contrebasse et des percussions, où instruments à vent et percussions pouvaient pleinement s’exprimer. C’était la naissance des big bands, orchestres qui réunissaient 12 à 20 musiciens, jouant chacun des instruments spécifiques (trombone, saxophone, etc.). Dans la même période naissait en France le jazz manouche, une forme de jazz défini comme un swing dépourvu de cuivres, de bois et de percussions. On retrouvait uniquement 2 guitares, des accordéons, la clarinette une contrebasse, des bassistes et un violon.

Le swing fut pratiqué pendant 15 ans avant de céder sa place au Bebop en 1945. La particularité du Bebop reposait sur un tempo extraordinaire et des enchaînements aussi complexes les uns que les autres. Ici, le nombre de musiciens se limitait à des groupes de 4 à 6. On passa alors d’une musique festive et dansante (swing) à une musique un peu plus professionnelle, où les jazzmen pouvaient exprimer totalement leurs talents, leurs virtuosités ainsi que leur créativité.

Le quintet (ensemble de cinq chanteurs ou instrumentistes, une écriture musicale à cinq parties solistes, avec ou sans accompagnement) s’instaure comme norme. Il fut concurrencé à son tour par le Cool Jazz dans les années 40, basé sur une meilleure élaboration et des emprunts rythmiques à la musique classique (cor, flûte traversière, etc.). Le jazz devient une musique ressentie plutôt qu’entendue avec le Cool Jazz, entraînant dans sa transformation la batterie qui disparut des groupes de musiciens de ce mouvement.

Dans la première moitié des années 50, le bebop arrive à maturité. On assiste alors à la naissance d’un nouveau mouvement de jazz reprenant les rythmes du swing des années 30 avec de longs solos mélodiques. C’était le Mainstream. Lui emboîtant le pas dans la deuxième moitié des années 50, le Jazz Modal vit le jour. Cette nouvelle musicalité rythmique qui fut enrichie considérablement avec des harmoniques permit l’enregistrement de l’album le plus vendu de l’histoire du jazz. Pendant ce temps, le Hard bop réagit au Cool Jazz, croisant le gospel avec les harmonies du blues. Ce mouvement ramène la batterie et l’associe à des jeux de saxophone et de piano, produisant des rythmes endiablés qui rappellent les sonorités africaines.

Les années 60, une expansion considérable du jazz

Au cours des années 60, la musique latine devient très influente dans les courants de jazz. Une influence qui finit par donner naissance au latin jazz. Ce nouveau courant était un mélange des rythmes cubains avec ceux du bebop, accompagné de bongo, cors, timbale, voix, congas, piano, vibraphone et autres instruments cubains. On assistait à la naissance du Mambo, une musique dansante et énergétique qui fut fureur auprès d’un très large public.

Le soul apparu dans les années 50 devient très populaire en cette période. Celui-ci évolue jusqu’à donner naissance au funk, croisement entre le jazz et le Soul. Avec le funk, le jazz redevient une musique fortement dansante avec une mélodie dominée par la guitare basse et des rythmes puissants. La fin des années 60 est marquée par la naissance du jazz Fusion ou Jazz rock, une combinaison entre les sonorités énergiques du Rock, de la musique pop et d’une version improvisée du jazz. Ce mouvement introduit les instruments électroniques dans la musique jazz.

L’évolution du jazz des années 70 jusqu’en 2020

Les années 70 furent témoins d’un changement inédit dans l’univers du jazz. Le jazz Rock s’impose au détriment des autres mouvements. Celui-ci fait résonner du rock ou du funk avec des extraits de jazz et vice-versa. La guitare électrique fait son entrée dans la famille des instruments. La montée en popularité de la musique électronique favorise une meilleure expansion du jazz. Elle est mélangée au funk, au disco ainsi qu’à la soul pour donner naissance à l’Acid Jazz. Depuis les années 2000, le Jazz Électronique connaît un succès fulgurant, car plus moderne tout en restant porteur de la touche mythique du jazz authentique. Ce mouvement se sert de la musique électronique pour produire des instrumentations du jazz.

En 2020, le courant jazz alternatif ou pas continu de faire son évolution. Il se nourrit et enrichit les courants modernes. Celui-ci reprend vie en s’intégrant parfaitement à la musique moderne, avec le hip-hop, le punk, l’électro, la musique classique, le lo-fi, le rap, la pop… Ses nombreux points communs avec le hip-hop (énergie, mélodies en boucle, rythmes, etc.) lui dessinent également un avenir plein de futurs rebondissements.

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