L’intelligence artificielle d’OpenAI est à nouveau au cœur d’une controverse, cette fois venue du Japon.
Plusieurs grands acteurs culturels du pays, dont Studio Ghibli, ont officiellement demandé à la société américaine de cesser d’utiliser leurs œuvres protégées par le droit d’auteur pour entraîner ses modèles d’IA, sans leur consentement. Cette requête, portée par la Content Overseas Distribution Association (CODA), reflète une inquiétude croissante dans l’industrie du divertissement face à l’essor des outils génératifs.
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Les créateurs japonais se mobilisent contre l’utilisation non autorisée de leurs œuvres
Le Studio Ghibli, célèbre pour ses chefs-d’œuvre comme Le Voyage de Chihiro ou Mon voisin Totoro, a vu ses styles visuels détournés par des utilisateurs de ChatGPT et de DALL·E dès la sortie du générateur d’images d’OpenAI. De nombreuses créations dites “Ghibli-fied” ont envahi les réseaux sociaux, reproduisant des selfies ou des photos d’animaux dans le style emblématique du studio — au point même que Sam Altman, le PDG d’OpenAI, ait changé sa photo de profil sur X pour une version “à la Ghibli”.
Mais avec l’arrivée de Sora, le générateur de vidéos d’OpenAI, l’inquiétude a redoublé. CODA, qui représente les intérêts de plusieurs éditeurs et studios japonais, estime que ces pratiques enfreignent les lois sur le droit d’auteur japonais, plus strictes que celles des États-Unis. L’organisation a donc demandé à OpenAI de cesser immédiatement l’exploitation de leurs contenus sans autorisation préalable.
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Une zone grise juridique qui attise les tensions
Le problème repose sur une faille juridique mondiale : les législations sur le droit d’auteur n’ont pas encore été adaptées à l’ère de l’IA. Aux États-Unis, aucune loi claire ne définit encore les limites de l’usage de contenus protégés pour l’entraînement de modèles d’intelligence artificielle.
Cependant, le Japon pourrait adopter une interprétation plus stricte. Selon CODA, la reproduction ou l’imitation d’œuvres lors du processus d’apprentissage d’une IA pourrait être considérée comme une violation de copyright. Contrairement au système américain, le Japon ne permet pas à une entreprise de “demander pardon après coup” — l’autorisation préalable reste obligatoire.
Studio Ghibli défend l’authenticité de la création
Bien que Hayao Miyazaki, le légendaire réalisateur du studio, ne se soit pas encore exprimé publiquement sur cette affaire, son opposition à l’IA n’est pas nouvelle. En 2016, face à une démonstration d’animation générée par intelligence artificielle, il avait exprimé son dégoût profond, estimant que ce type de technologie représentait une “insulte à la vie elle-même”.
Cette position incarne le sentiment général de nombreux artistes japonais : la peur que la création humaine soit dévalorisée par des outils automatisés qui exploitent sans vergogne des décennies de travail artistique.
Si OpenAI persiste dans sa stratégie actuelle, une bataille juridique internationale pourrait éclater, et le Japon pourrait devenir un terrain clé dans la redéfinition du droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle.

